Maurice Sand
(1823-1889)
conférences proposées :
Sa carrière littéraire, son goût pour les sciences, sa carrière politique
Maurice Rollinat
(1846-1903)
Conférences proposées :
Maurice Rollinat et les Névroses
Du Chat Noir au Pierrot Noir
L'ermite de Fresselines
... et la politique
Jenny de Vasson
(1872-1920)
Conférence proposée :
Jenny de Vasson photographe
Un artiste protéiforme et un écrivain original
Lorsque l’on s’intéresse à George Sand, il devient tout naturel de s’intéresser un jour à son fils.
Maurice Sand est surtout connu pour son travail d’illustrateur, ses activités de marionnettiste et pour son ouvrage consacré à la comedia dell’arte. Or, il consacra une grande partie de son temps à l’entomologie, à la minéralogie et à la paléontologie.
Maurice Sand fut aussi romancier. Sa carrière littéraire commence en 1862. De retour de son voyage en Amérique, il délaisse le pinceau au profit de la plume et publie son journal de voyage sous le titre de Six mille lieues à toute vapeur. C’est également cette année-là qu’il s’attelle à la rédaction de son premier roman Callirhoé, qui est publié en 1863 dans la Revue des deux mondes (puis en volume chez Lévy en 1864), la fameuse revue de François Buloz dans laquelle sa mère publiait ses propres œuvres depuis 30 ans.
Maurice Sand publiera ensuite 8 romans au cours de son existence : Raoul de La Chastre (1865) ; Le Coq aux cheveux d’or (1866-1867) ; Miss Mary (1867-1868) ; Mlle Azote (1867-1870) ; André Beauvray (1868-1870) ; L’Augusta (1868-1872) ; Mlle de Cérignan (1872-1874) et La Fille du singe (1886). Il s’agit soit de romans historiques et ou des romans scientifiques. Cet artiste éclectique et curieux de toutes choses mérite d’être redécouvert.
Maurice Rollinat : un grand poète « fin-de-siècle »
J’ai réellement découvert Maurice Rollinat à la fin de ma licence de lettres. Je cherchais alors un sujet de mémoire de maîtrise consacré à George Sand. J’ai donc été demandé conseil à Georges Lubin, l’éditeur de la correspondance de la romancière et l’un de ses grands spécialistes. Il me reçut très gentiment dans son appartement de Boulogne. Au fil de la conversation, il en vint à me parler de Maurice Rollinat, du poète des Névroses fils de François Rollinat, l’un des grands amis de la romancière. Il me conseilla de travailler sur sa correspondance et me donna quelques-uns de ses dossiers consacrés au poète.
Après avoir grandi à Châteauroux, le jeune homme qu’était Maurice Rollinat aspirait à une vie parisienne et à vivre de sa plume. Comme beaucoup de jeunes poètes des années 1870, il fréquenta différents cénacles. Le poète-musicien fut ainsi « Hydropathe » et l’un des habitués du cabaret Le Chat Noir. Si son premier recueil poétique, Dans les brandes, dédié à George Sand lui avait essentiellement offert la reconnaissance du milieu littéraire, la publication des Névroses en 1883 fit de lui une célébrité. Devant la virulence des attaques dont il fut alors l’objet, Maurice Rollinat décida de quitter Paris et de s’installer à la campagne. Il choisit Fressselines, petit village de la Creuse, où il passa le reste de son existence. Là, il continua à composer de la musique et des poèmes, tout en recevant régulièrement ses amis parisiens.
Grâce à sa correspondance, que j’ai rassemblé durant ma thèse de doctorat, et à divers témoignages, il est possible de se faire une idée précise de toutes les grandes périodes de son existence. Il faut ainsi rappeler que Maurice Rollinat fut plus qu’un poète régionaliste ou que l’homme des Névroses, présenté souvent comme un « sous-Baudelaire ».
J’ai rencontré Jenny de Vasson grâce à George Sand et à Maurice Rollinat. Son père, Paulin de Vasson était un ami de la romancière et le cousin issu de germain de Maurice Rollinat.
De temps à autres, sur le chemin de leur demeure de Greuille, les Vasson s'arrêtaient à Nohant. Jenny de Vasson en gardait un souvenir très précis malgré son jeune âge : « Je me souviens de Mme Sand quatre fois en tout. Cette fois-là, dans la même promenade, assise et toujours drapées, enveloppée de noir. Une autre fois, debout, appuyée sur une petite barrière et tendant son étui à cigarettes à mon père, et enfin, assise à la table du salon et lisant avec une loupe à manche de bois que j'ai retrouvée sur la même table quand nous sommes retournés à Nohant. Je ne me rappelle pas le son de sa voix, ni même de l'avoir entendue parler et ma mémoire est très fidèle d'habitude pour la voix. Elle m'apparaît toujours absorbée et absente. Je la trouvais belle ou, du moins, elle plaisait à mes yeux, car le mot de beauté ne me représentait rien encore. Elle me semblait grand quoiqu'elle fut petite. Je me rendais fort bien compte de son importance. » (Cahier, 1911, Gilles Wolkowitsch, Le Monde de Jenny de Vasson, Vendoeuvres, Lancosme multimédia et la Ville de La Châtre, 2001, p. 15). Après la mort de George Sand, les Vasson demeureront des familiers de Nohant. Quelques photographies de Jenny témoignent d’ailleurs de leur passage du temps de Gabrielle Sand.
Jenny de Vasson évolua toute son existence dans un milieu artistique, littéraire et intellectuel riche. Elle fréquenta Bernard Naudin, Fernand Maillaud, Gabriel Nigond, Jean-Richard Bloch, Jules Bloch, Marcel Cohen, David Wolkowitsch, etc. Faute de s’adonner à la peinture ou à la littérature, elle choisit la photographie, qu’elle ne considérait d’ailleurs pas comme un art.
Son parcours de photographe amateur est tout à fait singulier et pas seulement parce qu’elle pratique une activité qui est à l’époque essentiellement masculine. Elle photographie le monde qui l’entoure, - que ce soit des scènes d’intérieur, des scènes champêtres ou des portraits -, avec une grande poésie et un sens artistique profond. L’univers qu’elle a capté avec son objectif donne à voir toute une époque et une femme peu commune.