Un siècle avec 

George Sand


Depuis 

plus de 

trente ans...

Depuis plus de trente ans, George Sand occupe une grande partie de mon existence. J’ai visité Nohant pour la première fois le 23 juin 1988 en compagnie de mes grands-parents et j’ai été littéralement charmée par les lieux. L’achat de la biographie de Joseph Barry, George Sand ou le scandale de la liberté, que j’ai lue alors d’une traite a fait le reste. J’ai ensuite adhéré à la Société des Amis de George Sand.

 Dès lors, elle ne m’a plus quittée. Elle m’a surtout fait parcourir de nombreux chemins et offert de belles rencontres.
http://www.amisdegeorgesand.info

thèmes de conférences :

George Sand et Paris

Le nom de George Sand est définitivement associé au Berry et à Nohant, mais c’est oublier un peu vite qu’elle est née à Paris et qu’elle y rencontra la renommée et la gloire. Les diverses adresses qu’elle habita dans la capitale permettent en quelque sorte de retracer sa carrière d’une manière originale. On peut ainsi faire un « pèlerinage » devant le 19, quai Malaquais où elle fit ses débuts littéraires, puis visiter le square d’Orléans qui donne à voir un auteur établi et enfin se rendre au 3, rue Racine à deux pas de l’Odéon, théâtre qui lui offrit ses plus beaux succès de dramaturge.
Bibliographie : - Claire Le Guillou, Le Paris de George Sand, Paris, Éditions Alexandrines, 2017.
[http://www.alexandrines.fr]

 George Sand en Berry : des histoires d’amitié

Si George Sand vécut une grande partie de son existence à Paris, sa terre d’élection fut bel et bien le Berry et son « château » de Nohant. Là, elle était vraiment chez elle et avait le plaisir de retrouver ses nombreux amis berrichons : Alphonse Fleury, Gustave Papet, Gabriel Planet, Jules Néraud et Charles Duvernet. Avec l’un, elle fit de la botanique ; un autre participa activement au théâtre de Nohant et tous œuvrèrent à la création du journal républicain L’Éclaireur de l’Indre en 1843.
Les hôtes prestigieux de Nohant, tels que Franz Liszt, Eugène Delacroix ou Gustave Flaubert ont souvent fait passer au second plan les amis berrichons de George Sand. Or, brosser leur portrait et retracer leur existence permet de mieux comprendre certains aspects de son existence.
Bibliographie : [entrées-notices : Stéphane Ajasson de Grandsagne, Amis de jeunesse berrichons, Dialecte berrichon, , Jules Néraud, Nohant,François Rollinat], Dictionnaire George Sand, Paris, Champion, 2015. 
[http://www.maison-george-sand.fr] 


Un grand ami de George Sand, Charles Duvernet 

Au cours de mes recherches, je me suis tout particulièrement attachée à la figure de Charles Duvernet. Ami d’enfance de la romancière, il partageait son temps entre sa maison de La Châtre et sa demeure du Coudray à Verneuil-sur-Igneraie. Ce « honnête homme » participa à la création de L’Éclaireur de l’Indre, fut un acteur de la Révolution de 1848 et joua sur le théâtre de Nohant… Il rédigea également des mémoires, que j’ai eu la chance de publier. Ces textes autobiographiques sont un témoignage précieux et indispensable pour connaître certaines périodes de la vie de George Sand. 

Bibliographie : - Écrits intimes de Charles Duvernet, (édition critique Claire Le Guillou) Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise-Pascal, 2015 ; Claire Le Guillou, « Robin-Duvernet et le théâtre à La Châtre au XIXe siècle », La Revue des Amis du vieux La Châtre, 2015, n° 7, p. 19-29 et « Charles Duvernet, un homme de théâtre »,22e colloque international George Sand (Suisse), à paraître


 



George Sand à l’écran 

 Si je consacre une grande partie de mon temps à George Sand, je n’en ai pas moins d’autres activités et passions. J’aime entre autres choses le cinéma. J’ai donc été tout naturellement amenée à conjuguer deux de mes centres d’intérêt majeurs : George Sand et le cinéma. 

 J’ai ainsi cherché, depuis les débuts du cinéma, les films adaptant une œuvre de la romancière ou les films portant à l’écran son existence. Il y a de quoi faire une belle programmation. On peut ainsi voir une Petite Fadette et un Mauprat, puis La Valse des adieux et Song to remember. Une étude de ces différents films permet de mieux comprendre comment certains romans de George Sand ont été reçus et interprétés depuis les années 1910 et de comprendre quelle image de la romancière a été véhiculée par le cinéma. 

  • Bibliographie : - Claire Le Guillou, « George Sand à l’heure du cinéma muet (1ère partie) », Cahiers George Sand, 2015, n° 37, p. 207-229 et « George Sand à l’écran à l’heure du cinéma muet (IIe partie) », Cahiers George Sand, 2016, n° 38, p. 211-222. 


 Dieu est un fumeur de havane, et George Sand alors ? 
Malgré la loi Evin, il est impossible de ne pas parler de la tabagie de George Sand. Pour autant, travailler sur George Sand et le tabac n’était pas un sujet d’étude qui relevait initialement de ma pratique des textes sandiens, mais de circonstances rencontrées dans ma vie quotidienne… Comme tout un chacun, lors de divers « dîners en ville », il m’arrive d’être questionnée sur mes activités. Je réponds alors que je m’intéresse vivement à George Sand et que je mène quelques recherches à son sujet. Là, de manière immanquable et presque immuable, il m’est rétorqué un rituel « elle portait le pantalon, n’est-ce pas ? », suivi d’un « et elle fumait le cigare, aussi ? ! » 
George Sand fumeuse appartient donc à l’imaginaire collectif et fait figure d’image d’Épinal. « George Sand » est une marque de cigarette polonaise… et la pipe ou le cigare sont devenus l’un des objets permettant de la reconnaître sans ambiguïté possible dans l’iconographie. Des vestiges de sa tabacomanie ont même été conservés. 
Étudier sa tabacomanie permet de déconstruire son image de grande tabagique et ensuite d’analyser la manière dont la romancière utilisa l’herbe de Nicot dans ses romans.

  • Bibliographie : - Claire Le Guillou, « Objets tabagiques chez George Sand », 21e colloque international (Clermont-Ferrand/Nohant), George Sand et le monde des objets(à paraître chez Garnier).

 

 George Sand et la politique : de l’affaire Fanchette à la Seconde république.
Dès le début de sa carrière, l’œuvre de George Sand témoigne de préoccupations sociales et politiques profondes. Dans les années 1840, ces préoccupations vont grandissantes et la romancière ne se « protège » plus derrière ses personnages. En 1843, elle se saisit de l’histoire de Fanchette, adolescente abandonnée sur le bord d’une route par les responsables de l’hospice de La Châtre, pour dénoncer les méfaits d’une administration et d’une société qui foulent aux pieds les plus faibles. De là, naquit L'Éclaireur de l'Indre, qui lui permit de se forger une plume politique particulièrement acérée et dont elle usa à nouveau en 1848 en rédigeant quelques Bulletins de la République. C'est l'histoire de ces quelques années d’engagement intense que j’aime à retracer.

George Sand et son fils : deux férus d’archéologie
George Sand brilla par sa curiosité intellectuelle. Elle s’adonna à la botanique, à la minéralogie, à l’entomologie, à la numismatique, et chose que l’on sait moins, à l’archéologie. 

 Elle possédait à Nohant une collection d’objets archéologiques, et fit plusieurs campagnes de fouilles en Berry. Suite à la découverte de cercueils et d’ossements autour de l’église de Vic en 1853, George Sand y finança des fouilles, puis en entreprit d’autres dans le parc du château de Nohant. Ces fouilles, qui prirent fin le 3 mars 1853, donnèrent des perles, une épingle, une espèce de bague, trois bagues en fonte, 13 pièces de monnaie, trois cercueils, plusieurs urnes, dont l’une rouge avec des ornements. Quatre ans plus tard, la romancière entreprit une autre campagne de fouille à Presles. Car, en ce début d’année 1857, la romancière effectuait des recherches sur le Berry afin de préparer les décors de son roman historique Les Beaux-Messieurs de Bois-Doré.

L’archéologie n’occupa pas uniquement les loisirs de George Sand, mais elle occupa également une petite partie de ses préoccupations littéraires. Elle créa plusieurs figures d’antiquaire dans quelques-uns de ces romans, tels que Le Péché de Monsieur Antoine ou Jeanne. Elle composa également un magnifique conte archéologique intitulé le « Marteau rouge », publié dans Contes de ma grand’mère.
En 1862, George Sand aida également son fils dans la rédaction de Callirhoé, l’un des premiers romans archéologiquesfrançais. Maurice Sand continua par la suite à s’intéresser à l’archéologique. On lui doit ainsi une plaquette intitulée Notice sur un atelier de silex taillés des temps préhistoriques aux environs de La Châtre, Indre (15 novembre 1878)(La Châtre, H. Robin, 1879).

  • Bibliographie : - Claire Le Guillou, « Archeology – A passion of George Sand », Histoire de la Terre, Earth Sciences and French Culture, 1740-1940, Amsterdam, Rodopi, 2008, p. 119-136